Dans cette tribune, le politologue Paul Stéphane Menounga alerte sur le désengagement croissant de la jeunesse camerounaise vis-à-vis de la politique. Selon lui, l’avenir du pays dépend d’un sursaut d’engagement concret des jeunes, bien au-delà des discussions sur les réseaux sociaux.
« Il n’existe pas de communauté humaine sans organisation, sans règles, sans distribution des rôles entre gouvernants et gouvernés », rappelle Paul Stéphane Menounga en citant Ruben Um Nyobè. Pour ce politologue, la politique n’est pas l’apanage d’une élite vieillissante, mais une responsabilité collective qui appelle particulièrement la jeunesse.
L’engagement politique : au-delà des écrans
Paul Stéphane Menounga insiste : s’engager politiquement, c’est bien plus que réagir ou débattre en ligne. C’est adhérer à un parti, défendre ses convictions, recruter d’autres militants, donner de son temps et de ses idées, et participer pleinement aux décisions collectives.
Un engagement assumé, où l’adversaire politique n’est pas un ennemi mais un contradicteur dans le débat démocratique.
La tribune met en lumière un paradoxe : alors que 42 % de la population camerounaise a moins de 15 ans et 54 % entre 15 et 64 ans, le pouvoir reste concentré entre les mains de responsables sexa-, septua- et octogénaires.
Pour le politologue, l’engagement des jeunes revêt trois dimensions capitales : un poids électoral décisif capable d’orienter les scrutins et les politiques publiques. la défense des intérêts de la jeunesse, confrontée au chômage, à la corruption et au manque de perspectives et le renouvellement de la classe politique, nécessaire pour éviter la sclérose et préparer l’avenir.
Les bénéfices d’un engagement réel
Paul Stéphane Menounga distingue deux niveaux d’impact : individuel : l’engagement donne sens à la vie, renforce les compétences et favorise l’épanouissement. Collectif : il permet des politiques publiques adaptées aux réalités des jeunes, tout en réduisant les fractures sociales et générationnelles.
Un rendez-vous historique : 2025–2026
En conclusion, le politologue interpelle directement la jeunesse camerounaise : les élections présidentielle (2025), législatives et municipales (2026) sont des occasions uniques de transformer l’avenir. S’abstenir, écrit-il, c’est « laisser d’autres décider pour vous » ; s’engager, c’est « prendre part à l’écriture de l’histoire nationale ».

