Missole 1 : le pari industrialo-portuaire du Cameroun pour désengorger Douala

Face à la saturation du port de Douala-Bonabéri, le Port Autonome de Douala accélère son projet d’extension vers Missole 1. Une zone industrialo-portuaire stratégique appelée à redéfinir les flux logistiques et à soutenir l’industrialisation du pays.

Adossé à la ville de Douala, le port évolue dans un espace contraint qui limite ses capacités d’expansion. Cette réalité structurelle justifie le développement du projet Missole 1, situé sur les berges de la Dibamba. « Vous savez que nous sommes le principal port du Cameroun, mais en même temps nous faisons face à la contrainte portuaire, vu que nous sommes un port attenant à la ville de Douala », explique Rommy Minkos, ingénieur d’étude à la DAPC au PAD  

Pensé comme une extension stratégique, ce futur pôle vise à déporter une partie des activités logistiques hors de l’enceinte actuelle afin de réduire la congestion et fluidifier les opérations. Il s’adresse en priorité aux flux en provenance et à destination des pays enclavés de la sous-région, notamment le Tchad et la Centrafrique, mais aussi, à terme, le Niger, la RDC ou encore le Soudan du Sud. En facilitant le transit des marchandises vers ces marchés, le Cameroun entend consolider sa position de porte d’entrée maritime en Afrique centrale.

Mais l’ambition de Missole 1 dépasse la seule dimension logistique. Avec une emprise foncière de 522 hectares, dont 350 hectares dédiés à l’industrie et 122 à la logistique, le projet intègre une forte composante industrielle. Il s’inscrit dans la stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), avec pour objectif de stimuler la transformation locale des matières premières et de soutenir la politique d’import-substitution. Les filières ciblées couvrent notamment le bois, le coton, l’énergie et le secteur pharmaceutique, traduisant une volonté de diversification productive.

Soutenu au plus haut niveau de l’État, le projet mobilise plusieurs administrations clés, parmi lesquelles les ministères en charge de l’économie, de l’énergie et des PME, ainsi que les administrations fiscales et douanières. Cette coordination institutionnelle reflète l’importance stratégique accordée à cette infrastructure dans la politique économique nationale.

À terme, Missole 1 devrait permettre d’accroître significativement les capacités de traitement des marchandises, tout en améliorant la compétitivité du corridor camerounais. En combinant logistique et industrie, le Port Autonome de Douala ambitionne ainsi de franchir un cap décisif : passer d’un simple hub de transit à une véritable plateforme de transformation et de création de valeur pour l’ensemble de l’Afrique centrale.

 

 

Georges Potain

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