Université de Ngaoundere : les populations offusquées suite aux nominations .

 Université de Ngaoundere : les populations offusquées suite aux nominations .

Après les récentes nominations des recteurs et PCA à la tête des universités d’Etat , les populations  et élites de la région de l’Adamaoua se manifestent  pour interpeller le Président de la République à agir. Ceci, dans la marginalisation des fils et filles de la région dans la gouvernance universitaire.

« Il est triste de constater qu’aucun fils de l’Adamaoua n’est à la tête d’une institution universitaire. Nous avons longtemps été marginalisés non seulement dans le gouvernement mais surtout dans l’enseignement supérieur. Excellence Monsieur le Premier ministre, depuis la réforme universitaire de 1993, aucun fils de l’Adamaoua n’a été conseiller technique encore moins secrétaire général d’une université. La création de trois nouvelles universités donnait espoir d’avoir au moins un des nôtres à la tête d’une institution universitaire. Malheureusement, Excellence, nous avons été encore exclus de la gestion de ces universités » ; « la marginalisation des fils et filles de la région dans la gouvernance universitaire et heuristique », peut-on lire dans une correspondance adressée le 05 juin 2022 au Premier ministre par le collectif national des étudiants de l’Adamaoua. « En principe, sur les 11 recteurs et PCA, le Grand-Nord devrait disposer de trois recteurs et de trois PCA. Nous ne pouvons être traités comme des universitaires de seconde zone et cette situation doit être corrigée », regrette amèrement un universitaire.

Pour le ministre d’Etat Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, « L’Adamaoua n’a pas été oubliée par Monsieur le Président de la République » dans les nominations dans les universités d’Etat. Tel est en substance la quintessence d’un texte qu’il a rendu public le 08 juin 2022 en guise de réponse aux revendications liées à la marginalisation de l’Adamaoua dans la désignation des staffs dirigeants des universités et grandes écoles d’Etat. Le ministre, pour afficher une position aussi ferme et publique, fait-il référence à la présence de l’ex ministre, Dr Aboubakary Sarki à la tête du conseil d’administration de l’Université de Maroua. D’où cette conclusion sans équivoque : « L’Adamaoua n’a donc pas été oubliée par le chef de l’Etat qui a, pour toutes les régions du Cameroun (sans exclusive), les yeux de chimère ». 

A l’évidence, l’avis du ministre sur les bonnes grâces de l’Adamaoua auprès du chef de l’Etat, est loin, très loin d’être partagé dans cette région. La conclusion qui se dégage est d’une clarté certaine : de toutes les 10 régions du Cameroun, seule celle de l’Adamaoua n’a pas un de ses fils ou filles recteur. « On ne comprend pas, personne ne comprend. A chaque fois qu’une répartition équilibrée a lieu dans ce pays, la région de l’Adamaoua est toujours mise de côté. On ne comprend pas, on demande à comprendre », s’interroge Koulagna Garba, président du Collectif national des étudiants de l’Adamaoua. En attendant que le gouvernement agisse, les mouvements d’humeurs se multiplient dans cette région. 

:  Sadjo Saïdou

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